Débattre et agir pour rassembler la gauche
alternative et radicale avril 2003
Dans la filiation des forums mondiaux de Porto Alegre, la ville de Florence
a accueilli en novembre 2002 le premier forum social européen.
Cette manifestation a rencontré un immense succès populaire.
Près de 60 000 personnes ont participé activement à
ce Forum Social Européen pendant 4 jours pour dire leur refus du
système capitaliste et réclamer une autre organisation de
la planète qui place l'être humain avant la recherche du
profit. Une autre organisation de la planète qui préserve
l'environnement naturel pour la santé des hommes d'aujourd'hui
et la survie de ceux de demain. Une autre organisation de la planète
qui respecte la diversité des cultures tout en réaffirmant
l'égalité des sexes et l'universalité des droits
humains.
L'Europe qui s'est réunie à Florence, c'est l'Europe de
la gauche alternative et radicale. La gauche qui refuse la destruction
des économies et des emplois dans le jeu de monopoly des Bourses.
La gauche qui n'accepte pas le sacrifice des services publics pour accroître
les revenus d'une petite minorité d'actionnaires. La gauche qui
croit en la force des cultures populaires pour résister aux logiques
de domination et d'hégémonie. La gauche qui refuse de sacrifier
l'environnement et les générations futures sur l'autel du
productivisme et du laisser faire libéral. L'Europe qui s'est réunie
à Florence (près d'un million de manifestants contre la
guerre le 9 novembre), c'est celle qui refuse la guerre contre le peuple
irakien et l'écrasement du peuple palestinien. Face à l'urgence
des menaces qui s'accumulent, nous devons nous mobiliser sans concessions
contre le désordre impérial et dire non à la guerre.
Par sa politique social-libérale ne tenant pas compte des aspirations
et des revendications du plus grand nombre, le gouvernement de l'ex-gauche
plurielle, entièrement dominé par le Parti Socialiste, n'a
pas répondu aux attentes du monde salarié et des couches
populaires. Le cataclysme du 21 avril nous a tous traumatisés.
Nous n'avons pas tous forcément la même analyse du bilan
de la politique menée pendant 5 ans par Jospin et son gouvernement.
Certains d'entre nous considèrent qu'elle a été désastreuse
pour les couches populaires, d'autres critiquent seulement certains aspects
de cette politique et affirment qu'ils n'ont pas pu suffisamment peser
de l'intérieur. Nous sommes néanmoins tous d'accord pour
engager le débat ouvert, sans tabou, avec une volonté commune.
Celle de tourner définitivement le dos à cette politique
de soumission au libéralisme et à ses multinationales. La
droite aujourd'hui pousse encore plus loin dans la remise en cause des
acquis sociaux comme la retraite et la sécurité sociale,
dans l'augmentation de la précarité et du chômage,
dans la privatisation des services publics et dans la remise en cause
des libertés publiques et de la démocratie représentative.
La Bretagne est au cur de ces débats transnationaux. Elle
l'est par son "modèle" agricole qui recherche le prix
de revient le plus bas, au détriment des paysans, des ouvriers
de l'agro-alimentaire et de l'environnement ; un "modèle"
qui ne résiste plus au choix des entreprises capitalistes de délocaliser
les productions avicoles et porcines dans des pays du Sud comme le Brésil
où la main d'uvre est encore plus durement exploitée.
Elle l'est aussi par la crise très sévère que subit
son industrie des télécommunications, victime du casino
des OPA et de l'économie virtuelle des salles de marchés.
Elle l'est encore par sa culture spécifique et sa langue née
du peuple mais qui peine à trouver des moyens et des lieux d'expression.
Le capitalisme et la centralisation de l'Etat ont toujours produit de
l'exploitation, de la destruction de l'environnement, de l'oppression
et de l'uniformité, au mépris des droits des peuples et
des cultures que l'on dit minoritaires. Nous pensons que le temps est
venu d'organiser le débat en Bretagne afin de construire le rassemblement
des forces qui veulent une alternative radicale au capitalisme. Une force
politique nouvelle, agissante, crédible et capable de transformer
ce monde de régression sociale et écologique, ce monde de
guerre dans lequel des millions de femmes et d'hommes tentent de survivre.
Militants syndicalistes, associatifs ou politiques issus de diverses
sensibilités, nous nous engageons à organiser, ensemble,
par delà nos différences, des Forums de débat à
Brest et Quimper, des Forums ouverts à toutes celles et tous ceux
qui ont gardé en eux l'espoir de changer la vie.
Deux Forums politiques publics ont eu lieu dans le
Finistère
le samedi 17 mai 2003 à Brest et le samedi
24 mai 2003 à Quimper
Les Forums se sont organisés autour de trois ateliers :
- la démocratie participative, faire de la politique autrement.
- le capitalisme en question, la mondialisation de l'économie.
- de la commune à L'Europe : quelles institutions ?
Si vous souhaitez signer le texte d'appel ci-dessus adressez un message
à : forum.29
Le secrétariat avait été confié à
P Abgrall, c/o 257 Rue Anatole France - 29200 Brest, tel :
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