A quand un boycott européen des produits Siemens !!!
vendredi 2 juillet 2004
L'acceptation par les salariés allemands de Siemens d'un retour au 40 heures payées 35 en échange d'une promesse patronale de ne pas délocaliser les sites de production en Hongrie constitue un véritable séisme social ˆ l'échelle de l'Europe toute entière. C'est certainement largement aussi grave, sinon plus, que les attaques, chez nous, du gouvernement Raffarin contre les retraites du public l'an passé et la Sécu cette année.
C'est un véritable signal donné à l'ensemble du patronat européen; un signal comme quoi, aujourd'hui, il peut impunément liquider toutes les avancées sociales acquis d'un demi siècle de luttes ouvrières et populaires! Les Sellières, Sarkozy et autres chiens de garde du libre-échangisme ne s'y sont pas trompés. Ils en sont déjà ˆ sonner l'Hallali! S'il y en avait encore, ces gens là nous prépareraient le retour des enfants dans les mines. L'avenir qu'ils sont en train de nous concocter, c'est le Talon de Fer, tel que Jack London le décrivait par anticipation il y a un siècle.
Le pire, c'est que l'acceptation arrachée aux salariés de Siemens n'empèchera pas, d'ici quelques années, les patrons de ce groupe de délocaliser là où ils le veulent quand ils jugeront que la croissance de leurs profits le commande! Nos camarades allemands auront alors lâché la proie pour l'ombre. Il ne s'agit pas de les juger, mais de s'interroger sur ce qu'on peut faire pour bloquer la casse de l'emploi en Europe.
Siemens, c'est bien sur l'industrie lourde, la métallurgie. Mais c'est aussi une foultitude de biens d'équipement que chacun retrouve dans les rayons de la grande surface d'à côté: téléphonie, micro-informatique, électro-ménager... Bien sur, on ne peut pas agir contre ni à la place des salariés de Siemens. Mais qui aura le courage ou la force d'engager une campagne européenne de boycott des produits Siemens (parce qu'il faut bien commencer par quelqu'un) pour le faire reculer tant sur la question des 35 heures que sur celle des délocalisations? Voilà qui, à côté de la nécessaire campagne contre la future "Constitution" européenne à la sauce libérale, devrait préoccuper l'ensemble des forces de transformation de ce Continent. Ce serait la démonstration concrète qu'une autre Europe est possible et nécessaire.
Jean Louis GRIVEAU
Douarnenez (29)