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Contribution de TEAG au Manifeste sur la décentralisation
septembre 2002
ETAT, NATION, REGION.
En tout premier lieu, Tous Ensemble A Gauche affirme son
attachement au principe du droit des peuples à l'autodétermination
; droit à l'autodétermination qui suppose le débat
pluraliste et la consultation démocratique des populations concernées.
Cela concerne le choix que pourrait faire la population d'une Région
de quitter le cadre de l'Etat-Nation ou d'y rester ; cela concerne également
le contenu de ce que pourrait être une décentralisation négociée
et différenciée ou les possibles modifications territoriales
des Régions.
Longtemps ancrée dans une tradition ultra-centralisatrice et jacobine,
la France a engagé une politique de modernisation de ses institutions
au début des années 80. La décentralisation de 1982
a abouti à un empilement des niveaux institutionnels accru par
les lois les plus récentes d'aménagement du territoire,
par la création de communautés de communes, d'agglomération
et les pays, au détriment d'une véritable redistribution
des pouvoirs vers les citoyens.
Nation pluri-culturelle souvent enfouie à des degrés divers
dans l'inconscient collectif, l'Etat français a du mal à
assumer la contradiction entre la consolidation effective d'un pouvoir
central et la nécessaire reconnaissance de la diversité
géographique, culturelle et économique des Régions.
La question de l'unité de l'Etat est effectivement posée
par, d'une part, la construction européenne à travers l'intégration
et son corollaire, l'abandon de souveraineté et, d'autre part,
par le principe de libre administration de plus en plus affirmé
et revendiqué par les Régions.
Confronté à la progression de mouvements identitaires et
à la résurgence de solidarités régionales,
forme de résistance à cette politique néo-libérale
menée au niveau mondial dans sa prétention à soumettre
la planète entière aux mêmes normes et aux mêmes
valeurs, l'Etat doit entrer dans une logique de reconnaissance du fait
régional et la réponse politique devra passer par des réformes
institutionnelles dissociant Etat et Nation. La Nation n'est en rien menacée
si nous sortons du dogme : un Etat, une culture, une langue, un peuple.
Les volontés de reconnaissance identitaire doivent ainsi pouvoir
disposer d'un espace de liberté et d'expression institutionnelle.
Un transfert de compétences
irréversible
Le bloc de compétences transféré à la Région
doit être irréversible, sauf en cas d'échec patent,
et correspondre à une effective libre administration des Régions.
Ce transfert devrait s'appuyer sur la "clause de la Région
la plus favorisée" : si une Région obtient une nouvelle
compétence, celle-ci pourrait être étendue aux autres
Régions si celles-ci le désirent.
TEAG considère que ce transfert de compétences doit s'effectuer
dans le respect des droits démocratiques, sociaux et politiques,
dans la préservation des missions du service public et la laïcité
des institutions. L'ensemble du service public a pour but d'assurer aux
citoyens les services jugés essentiels tels que l'accès
à la santé, à l'éducation, l'énergie,
les transports et les communications. A titre d'exemple TEAG est opposé
à un total transfert de compétences en ce qui concerne l'enseignement
supérieur et qui, suivant en cela les projets européens,
ouvrirait la porte à des pôles d'excellence à des
universités à deux vitesses, suivant que ces établissements
se trouveront dans des Régions riches ou pauvres, mettant en cause
l'unicité des missions de notre système d'enseignement supérieur
national.
La Région Bretagne devrait saisir l'opportunité offerte
par la décentralisation pour mener une véritable politique
de l'eau dans le cadre d'un secteur public, légalement mandaté
et désigné comme le représentant de l'intérêt
général. L'eau ne peut pas être traitée comme
une marchandise et les citoyens bretons doivent être ainsi au cur
du processus des décisions qui affectent leur vie comme celle du
contrôle de la politique de l'eau. Celle-ci devant assurer l'équité
sociale en matière de santé publique et d'environnement.
Autonomie fiscale et transparence des moyens financiers
En ce qui concerne les moyens financiers, c'est par une recentralisation
rampante que l'Etat est devenu le premier contribuable local. Le lien
entre le contribuable et l'élu local se distendant ainsi davantage
alors que la démocratie de proximité exige que le contribuable
doit savoir à qui et pourquoi il paie des impôts. Il faut
ainsi marquer un coup d'arrêt à ce lent processus d'extinction
de la fiscalité locale à l'uvre à travers la
multiplication des dispositifs nationaux d'exonération et de dégrèvements
et les réformes de la taxe professionnelle et de la taxe d'habitation.
Il faut un impôt régional spécifique, progressif et
reposant sur une large assiette : la citoyenneté se fonde sur le
paiement d'un impôt direct transparent et il faut abandonner l'idée
de valoriser les impôts indirects comme la TIPP ou la TVA qui sont
des impôts socialement injustes.
La démocratie de proximité se fonde sur la transparence
et la clarté d'une part et sur l'autonomie effective de la dépense
et de la recette d'autre part. Cette autonomie fiscale générera
des inégalités fiscales qui devront être corrigées
par des mécanismes de redistribution en vertu du principe de solidarité
entre les citoyens français. Par un système de péréquation,
l'Etat corrigera ainsi les inégalités et devra s'opposer
à la volonté de l'Union Européenne de mettre les
Régions en compétition.
Sachant que nul fétichisme linguistique ne doit conduire à
l'exclusivisme total,.T.E.A.G. souhaite que Diwan
puisse intégrer le service public tout en préservant l'enseignement
par immersion sans déroger aux principes fondamentaux de la République.
La consécration politique des Régions
exige la démocratisation des institutions.
La décentralisation est une chance à saisir mais il faut
répondre également à une exigence vers plus de démocratie.
Il ne serait pas acceptable qu'une réforme des institutions conduise
simplement à donner à des notables locaux le pouvoir de
faire encore plus ce qu'ils veulent sans aucun contrôle ni à
renforcer un clientélisme déjà bien présent.
Le véritable enjeu, c'est d'avancer vers une démocratie
participative et vers un contrôle des citoyens sur les décisions
politiques c'est-à-dire par une loi sur la démocratisation
de la décentralisation. Cela passe par l'instauration de la proportionnelle
afin de reconnaître la diversité des courants politiques
tout en préservant la stabilité des institutions. De même
les élections régionales au suffrage universel devraient
reconnaître le droit de vote des étrangers résidant
en Bretagne.
La décentralisation ne doit pas se cantonner à des changements
institutionnels mais elle doit être l'occasion de permettre aux
citoyens bretons d'exercer un légitime et réel droit de
contrôle des décisions publiques à travers des instances
d'expression collective.
Tous Ensemble AGauche
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du Manifeste sur le site internet du Conseil Régional (document
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